20.10.2009

Errances

On soigne son mal-être avec ses propres remèdes. Ceux qui nous ont toujours distrait de notre souffrance ponctuelle. Alors, ça peut-être une pseudo-remise en question personnelle, (rarement à l'abri des mensonges à soi-même qu'on s'est tellement infligés qu'ils sont devenus nos seules vérités), ça peut être au prix d'une autre souffrance (le masochisme, l'auto-mutilation psychique... quel régal!) mais le must c'est d'arriver à la conviction que nous sommes « victimes » que la souffrance vient de l'autre, dont le « retour » n'est pas « conforme » parce qu'évidemment, c'est lui le traitre. Celui qui donne le coup de canif aux fragiles certitudes, à la confiance proclamée à laquelle on s'est cru autorisé à croire. Et comme il est facile de se construire des preuves, une argumentation alimentée au seul creuset disponible, celui de l'injuste tourment qui nous est infligé et qu'on ne mérite pas...
Se vautrer dans la glu de sa détresse et se complaire dans ces liens, ces empêcheurs d'envol, , hurler sa douleur dans l'espoir que l'Autre, enfin, repentant, contrit, vienne nous délivrer du mal où il nous a plongé. On avait bien raison!!! Et en fonction de l'Amour qu'on lui porte, on adaptera son attitude pour lui montrer que c'est pas grave, qu'on a compris, qu'on s'est trompé un peu aussi, que maintenant tout est clair, enfin tout pour le retour de la paix, de l'harmonie, de la paix... en s'arrangeant du sacrifice collatéral d'un bout de vérité...

Le silence, c'est bien! C'est le mieux. Le retrait. Ca donne le temps. Etre seul face à soi et ne pas hésiter à se mettre le nez dans son auto-complaisance. Admettre qu'on n'a pas agi en « conformité » au désir de l'autre! Savoir s'il faut le faire, et pour lui faire du bien, accepter de se faire du mal à soi.
Pourquoi pas?

 

Errances

Ce sont des errances... Pas besoin que ce soit discipliné dans la structure, avec un début et une fin prévue... Juste laisser aller ses pensées au fil de son humeur et des éléments qui pourront en détourner ou casser l'état d'âme d'origine...
Juste parce qu'on est un peu fatigué de tout et qu'on aspire à la paix, au repos et que c'est bien suffisant de ne se retrouver que seul débatteur de ses idées. On peut s'apitoyer, se donner raison, se donner des raisons, s'envoyer chier, se foutre de sa gueule, se caresser, se bousculer, s'attendrir, s'admonester... bref (non, je ne sais pas faire bref!), on n'a de comptes à rendre qu'à soi. On ne fait chier personne, on ne satisfait personne, on ne fait de mal à personne.
Parce que l'Autre, il voudrait, rien que parce qu'il est là et qu'il attend, que tu deviennes « lui ». Parce que tu l'aimes ou que tu le détestes, qu'il t'est indifférent ou qu'il te bouleverse... il est là et il exige, plus ou moins violemment, que tu te conformes à son propre désir, ses propres attentes, ses propres doutes, ses propres incertitudes... Et que souvent, toujours... il va passer ton attitude au filtre de ses propres émotions, de sa sensibilité, des limites de sa compréhension...
Alors et surtout si tu l'aimes, tu vas te sentir obligé de lui faire plaisir, de ne pas lui faire mal et ben, obligatoirement, tu vas te contraindre à te conformer à ce désir étranger.
Paraît que ça peut s'appeler « gentillesse » ça. Je ne suis pas gentille. Faut être lucide. Alors quoi? Je le ferai à quel titre d'abandonner pour je ne sais quelle obligation de ne pas faire mal, un bout de mon intégrité?
Il existe des échappatoires. On n'est pas obligé de se trahir. Le silence semble une excellente alternative, le renoncement à l'affrontement (pas par lâcheté mais par sagesse), la résignation à ne pas être complètement compris ou accepté, une sorte de fatalité qui peut s'allumer de quelque espoir de ne pas être définitive, un retour aux sources qui nous conviennent...

 

Début d'errances

Et là, je patauge...